Les cantines scolaires sont souvent au cœur de débats passionnés, notamment en ce qui concerne la qualité et l'origine des aliments servis. Depuis janvier 2022, la loi Egalim impose aux cantines de proposer au moins 20% de produits issus de l'agriculture biologique. Mais qu'en est-il réellement ? L'association Agir pour l'environnement vient de publier un rapport sur le taux de produits bio dans les cantines de 83 villes de France, et les résultats sont édifiants.
Saint-Étienne se hisse à la première place du classement, avec un taux de 75% de produits bio dans les assiettes des cantines scolaires de primaire. Cette politique avait été engagée par la mairie socialiste de Maurice Vincent, avec pour objectif d'atteindre le 100% bio dans les cantines scolaires. Si ce taux a été revu à la baisse à 75% sous la mandature de Gaël Perdriau, la ville reste tout de même en tête du classement.
**Saint-Étienne, un modèle à suivre**
La réussite de Saint-Étienne s'explique en grande partie par son approvisionnement en circuit court. "On a des fournisseurs dans la Loire, dans le Rhône, ça n'existait pas avant", explique Dominique Manin, adjointe à l'éducation à la mairie de Saint-Étienne. Les produits laitiers bio proviennent de Néronde (Loire), tandis que les légumes sont cultivés par des maraîchers à Mornans, dans la Drôme. Près de 70% des produits bio sont locaux, ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport.
Cette politique a également un impact positif sur l'économie locale. En choisissant des fournisseurs locaux, la ville de Saint-Étienne contribue à soutenir les agriculteurs et les producteurs de la région. C'est un travail d'exigence avec le prestataire, mais les résultats sont là : les enfants de Saint-Étienne peuvent savourer des repas sains et délicieux, tout en soutenant l'économie locale.
Le Puy-en-Velay, un contre-exemple
À l'autre bout du classement, on trouve Le Puy-en-Velay, avec un taux de seulement 5,5% de produits bio dans les assiettes. La municipalité estime que le bio est plus cher sur certains produits, et que la filière locale ne permet pas de fournir assez de produits pour assurer 20% de bio dans les 1.500 assiettes servies par jour. Mais pour Jacques Caplat, auteur du rapport, c'est une question de volonté politique. "La loi Egalim est entrée en vigueur en janvier 2022, les municipalités ont eu le temps de s'adapter", explique-t-il.
Il est vrai que passer au bio nécessite des investissements, notamment en termes de matériel pour préparer les produits. Mais les avantages du bio sont nombreux : meilleure qualité des aliments, réduction des émissions de gaz à effet de serre, soutien à l'économie locale... Les enfants de Le Puy-en-Velay méritent-ils moins que ceux de Saint-Étienne ?
Les 5 clés pour une cantine bio
- Volonté politique : la décision de passer au bio doit être prise au niveau de la municipalité.
- Approvisionnement en circuit court : choisir des fournisseurs locaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
- Investissement dans le matériel : préparer les produits bio nécessite du matériel spécifique.
- Soutien à l'économie locale : le bio peut contribuer à soutenir les agriculteurs et les producteurs de la région.
- Formation du personnel : les agents de cantine doivent être formés pour préparer les produits bio.
En conclusion, le bio à la cantine est un enjeu important pour la santé et l'environnement. Saint-Étienne montre que c'est possible, même si cela nécessite des investissements et une volonté politique. Le Puy-en-Velay, quant à lui, doit revoir sa copie. Les enfants de France méritent de manger sain et bio, et c'est à nous de leur donner les moyens de le faire.