L’association Agir pour l’environnement a récemment publié un palmarès des cantines bio en France, après une enquête de sept mois visant à évaluer la proportion de produits issus de l’agriculture biologique servis dans les assiettes des élèves de maternelles et primaires. Les résultats de cette enquête sont édifiants et mettent en lumière les disparités importantes entre les communes françaises en matière d’alimentation bio.
La loi Égalim du 30 octobre 2018 a instauré une obligation légale, reprise à l’article L230-5-1 du code rural, qui stipule que les repas servis dans les restaurants collectifs doivent comprendre une part au moins égale, en valeur, à 20 % de produits issus de l’agriculture biologique, y compris en conversion, au plus tard le 1er janvier 2022. Cependant, les conclusions de l’enquête menée par Agir pour l’environnement révèlent que de nombreuses communes ne respectent pas cette obligation.
Des communes en défaut, dont certaines dirigées par d’anciens Premiers ministres
Deux communes dirigées par des anciens Premiers ministres, Mâcon et Bordeaux, ne respectent pas la loi. Mâcon, dirigée par Jean-François Barnier, ancien ministre de l'Agriculture, et Bordeaux, dirigée par Nicolas Florian, ancien ministre délégué chargé de la Ville, sont en effet en dessous du seuil de 20 % de produits bio dans leurs cantines. Cette situation est particulièrement préoccupante, dans la mesure où ces communes sont dirigées par des personnalités politiques qui ont occupé des postes clés dans les gouvernements précédents.
Les résultats de l’enquête mettent en évidence les disparités importantes entre les communes françaises en matière d’alimentation bio. Certaines communes, comme Grenoble ou Lille, ont fait de l’alimentation bio une priorité et proposent des repas composés à plus de 50 % de produits bio. En revanche, d’autres communes, comme Mâcon ou Bordeaux, semblent négliger cette obligation légale et proposent des repas qui ne contiennent que quelques pour cent de produits bio.
Les raisons d’un échec
Les raisons de cet échec sont multiples. Tout d’abord, la formation des personnels de cantine est souvent insuffisante pour permettre une bonne compréhension des enjeux de l’alimentation bio. Ensuite, la logistique nécessaire pour approvisionner les cantines en produits bio peut être complexe et coûteuse. Enfin, la pression des lobbies agricoles traditionnels peut également jouer un rôle dans la négligence de cette obligation légale.
Cependant, il est important de noter que certaines communes ont réussi à mettre en place des politiques alimentaires innovantes qui favorisent l’alimentation bio. Par exemple, la commune de Grenoble a créé un système de production locale de fruits et légumes bio qui approvisionne les cantines de la ville. De même, la commune de Lille a mis en place un programme de formation pour les personnels de cantine pour leur permettre de mieux comprendre les enjeux de l’alimentation bio.
Les conséquences d’un échec
Les conséquences d’un échec à respecter l’obligation légale de servir au moins 20 % de produits bio dans les cantines sont multiples. Tout d’abord, les enfants qui fréquentent les cantines sont privés de la possibilité de consommer des aliments sains et de qualité. Ensuite, les agriculteurs bio qui produisent des fruits et légumes bio sont pénalisés par la faible demande des cantines. Enfin, la santé publique est également affectée, dans la mesure où une alimentation riche en produits chimiques et en additifs peut avoir des conséquences négatives sur la santé des consommateurs.
En conclusion, les résultats de l’enquête menée par Agir pour l’environnement sont préoccupants et mettent en évidence les disparités importantes entre les communes françaises en matière d’alimentation bio. Il est essentiel que les communes prennent des mesures concrètes pour respecter l’obligation légale de servir au moins 20 % de produits bio dans les cantines. Cela nécessite une formation des personnels de cantine, une logistique adaptée et une volonté politique de promouvoir l’alimentation bio.
- La loi Égalim du 30 octobre 2018 instaure une obligation légale de servir au moins 20 % de produits bio dans les cantines.
- De nombreuses communes françaises ne respectent pas cette obligation légale.
- Certaines communes, comme Grenoble ou Lille, ont fait de l’alimentation bio une priorité et proposent des repas composés à plus de 50 % de produits bio.
- Les raisons de l’échec sont multiples, notamment la formation insuffisante des personnels de cantine, la logistique complexe et la pression des lobbies agricoles traditionnels.
- Il est essentiel que les communes prennent des mesures concrètes pour respecter l’obligation légale et promouvoir l’alimentation bio.